Elle était née Madeleine Cinquin le 16 Novembre 1908 à Bruxelles. Elle est devenue sÅ“ur Emmanuelle. Née dans un milieu bourgeois, la jeune Madeleine a pris le voile sur le tard, 23 ans. Le temps pour elle, de s’amuser, rire, regarder les garçons et… fumer ! Jeune fille de bonne famille, elle aurait très certainement fait un beau et riche mariage, mais elle a préféré épouser Dieu et engager sa vie auprès des plus pauvres. Après avoir prononcé ses vÅ“ux en 1931, SÅ“ur Emmanuelle enseigne les lettres et la philosophie en Turquie, en Tunisie et en Egypte. C’est à 63 ans qu’elle s’installera au Caire et partagera la vie des fameux Chiffonniers. Pendant 20 ans, elle vivra avec les plus pauvres, au milieu des détritus dans une misère à peine imaginable, avec au cÅ“ur, la volonté d’éduquer les plus jeunes et de répéter aux autres que l’acharnement paie toujours.

De retour en France, à 85 ans, Sœur Emmanuelle n’a rien perdu de son bagout et n’envisage absolument pas de prendre une retraite bien méritée. Sans relâche, elle interpellera les grands de ce monde sur la misère grandissante, elle frappera à toutes les portes et tutoiera à tour de bras, de l’abbé Pierre au président Chirac. Energique, gouailleuse, son franc parler délicieux est rafraîchissant sur les plateaux télé.

Fatiguée, SÅ“ur Emmanuelle a vécu ses dernières années à Callian, dans le Var. En août, elle avait publié un dernier ouvrage intitulé « J’ai cent ans et je voulais vous dire » (éditions Plon) De la mort, elle disait qu’elle ne la craignait pas, seules l’agonie et la souffrance l’inquiétaient. Elle ne les connaîtra pas. SÅ“ur Emmanuelle s’est éteinte dans son sommeil.

Celle dont le nom signifiait « Dieu est avec nous » a rejoint celui à qui elle a consacré sa vie. Yallah…