C’est un album du printemps. Des roses et des orties, un album de Francis Cabrel à écouter tranquille dans une cabane au fond du jardin. Les textes ont beaux, comme les roses, et ils laissent des traces, comme les orties. Après 30 ans de carrière et 18 millions d’albums vendus, le beau ne suffit plus à l’habitant d’ Astaffort. Il faut dire qu’en 30 ans le monde a bien changé, pas toujours en bien, et Francis a des choses à dire. Elégamment. Comme d'habitude. Mais les dire quand même. Cabrel fait dans le social ? C’est comme dire que c’est un chanteur engagé. C’est hors propos, pour ne pas dire hors saison.

Dans cet album, le père Cabrel s’interroge à haute voix: Said et Mohammet, Les cardinaux en costume.... Des fois qu’on ait les réponses à ses questions. Discret mais dérangeant, tendre et ironique, c'est le paradoxe Cabrel: ça fait du bien là où ça fait mal. Les sonorités espagnoles, orientales avec un peu de Blues (ça fait jamais de mal) font le reste. Cultivons donc notre jardin….